Julien Banon
Paris (France)
La Provence me manque. Malgré les strates historiques entassées dans chacune de ses rues, Paris est épuisée, sa magie étouffe. On en trouve bien encore des traces parfois, souvent au crépuscule, quand les dorures de l'Obélisque ou de l'église des Invalides se mettent à briller et frémir comme des mirages, mais ce sont de bien pauvres signes pour une si grande ville.
En Provence les dieux vivent toujours et ils attendent. Ils cavalent à tes côtés et ricanent dans chaque raclement de pierre sur les chemins. Ils ronflent de puissance dans les cigales et les coups du Mistral contre les branches des pins. Ils baillent et soudain la nuit germe, venant du ciel, puis gagne l'horizon.
J'écris pour me souvenir de ces messieurs et de leur magie qui soutient le monde.
Ou bien, à d'autres moments, j'écris pour me souvenir que la magie n'existe pas.