Philippe de Salabert
Philippe de Salabert
La dernière grande Révolution de l'Art ne s'est pas faite au sein d'un courant artistique, elle ne s'est pas construite dans un atelier, ni entre les mains d'un artiste. Cette Révolution, elle s'est faite simplement, pudiquement et presque en parallèle du monde de l'art tel que le connaissait l'occident depuis que l'homme crée.
Le fer de lance de ce bouleversement a été inauguré le 31 janvier 1977 au cœur de Paris et sa portée à échappé même à ses concepteurs le ministre André Malraux, le président de la République Georges Pompidou et des architectes Renzo Piano & Richard Rogers. En construisant le centre national d'art et culture Georges Pompidou, populairement appelé Beaubourg, la France fut l'épicentre d'un tsunami qui changea irrémédiablement les canaux de distribution de l'Art et par là-même l'Art lui-même.
Car en ouvrant cet espace de tous les arts actuels à tous, en effaçant la fracture sociale de l'accès à la culture artistique, qui était jusqu'à présent réservé aux territoires d'une élite, en permettant à tous d'entrer dans un musée sans aucune culture artistique, Beaubourg a transformé notre appréhension de l'œuvre d'art.
Le centre Beaubourg a connu dès son ouverture un succès de fréquentations, qui a dépassé de loin les estimations les plus optimistes.
En rendant l'Art visible par tous, il n'a fallu qu'un pas pour qu'il devienne achetable par tous. La demande a soudain explosé et les modes historiques de distribution de l'art comme les galeries furent rapidement dépassés. Les artistes ont alors commencé à vendre leurs œuvres sans intermédiaire. L'art marketing est né logiquement de la nécessité due à une demande trop vaste et d'un marché aussi imposant. Pour que le bon acheteur d'art rencontre le bon artiste, le filtre que propose l'art marketing est un outil indispensable pour un échange gagnant-gagnant.